2e édtition du Festival

30 août au 2 septembre 2007

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Edition 2006

Tim Green
1969

Tim Greene is currently directing episodes of the popular SABC 2 cop drama Zero Tolerance for Ochre Media. Last year he directed Tsha Tsha, the ground-breaking SABC 1 drama series about sex, love & ballroom dancing.drama.

He is 34 years old and lives in Jo'burg and Cape Town.

He finished his schooling at Westerford High School, learning film basics at John Hill’s Young Filmmakers Workshop after hours from 1983 until 1988. He received a Performers Diploma from UCT Drama School.

He worked in theatre as an actor, a director and later in CAPABs drama department, then moved on and started his film career as a runner. He clambered his way up as a props assistant, then casting director, and eventually as a production manager for Movie Makers International, servicing foreign commercials.

He started directing in 1994 with his acclaimed short Corner Caffie, followed by numerous music videos for bands including The Honeymoon Suites and Just Ginger. In 1998 he directed his second short film - Kap ‘an, Driver for Magicworks.

He has been directing commercials for the past three years, first for Big World Cinema, and more recently for Gatehouse Films, honing his craft in anticipation of shooting his first feature film.



Interview de Tim Green:

Oliver Twist au Cap

TURNHOUT L'«Oliver Twist» de Charles Dickens est-il universel? Pour le réalisateur sud-africain Tim Greene, cela reste une histoire qui peut se passer de tous temps. C’est la raison pour laquelle, dans son adaptation cinématographique du roman, il a troqué le petit Oliver blanc du Londres du 19e s., pour un gamin des rues noir de la ville du Cap d’aujourd’hui. Pour que tout soit encore plus réaliste, Greene a décidé de faire interpréter «Boy called Twist» par de vrais enfants des rues. Le cinéaste raconte son étonnante aventure cinématographique.


- D’où vient l’idée de transposer ‘Oliver Twist’ dans la réalité sud-africaine?

Tim Greene: «Au départ, j’avais pensé monter une version comédie musicale, ‘Oliver’, avec des enfants des rues. J’ai eu, à nouveau, le livre en mains, j’ai commencé à le lire et j’ai été époustouflé, même par les plus petits détails. C’est incroyable à quel point le Londres de Dickens ressemble au Cap d’aujourd’hui et comme cette histoire est toujours aussi crédible aujourd’hui. J’ai commencé à me poser des tas de questions. Les dernières années, tout a changé en Afrique du Sud. Nous avons aujourd’hui la constitution la plus libérale au monde, les droits des enfants sont scellés dans le traité des Nations Unies. Et pourtant, les mêmes scènes dramatiques se déroulent toujours dans nos rues. C’est cela surtout que je voulais montrer et j’ai décidé de ne pas faire de comédie musicale, finalement.»

- Vous avez choisi des enfants de rue pour jouer dans ‘Boy called Twist’. Comment a été cette expérience?

«Ce sont probablement les enfants les plus affranchis que j’ai jamais rencontrés et que je rencontrerai jamais (rires). Ils vivent non pas au jour le jour, mais ‘à la minute la minute’ et font ce qui leur semble le mieux à ce moment-là. Sur un plateau, cela peut engendrer pas mal de problèmes, parce qu’ils ne sont pas habitués à ce que quelqu’un leur dise: “Va te mettre là-bas. Recommence, recommence!” Au début, j’avais pas mal de craintes et je me disais: “Où est-ce qu’on va? Est-ce que je vais survivre à ces six jours avec ces enfants? “Le plus étrange c’était que j’avais décrit les personnages des enfants dans l’esprit de Dickens: très fougueux. Quand vous rencontrez ces kids dans la rue quand ils mendient, vous voyez ce côté fougueux: ils ont du caractère. Mais lorsque vous commencez à travailler avec eux, vous vous réalisez que ce ne sont encore que de petits enfants. Sur le plateau, il y avait un garçon de six ans. Il avait la diarrhée parce que cela faisait trois mois qu’il n’avait plus mangé convenablement. Il était fatigué aussi et tout ce qu’il voulait, c’était dormir. Cet enfant traîne une histoire très triste avec lui. »

- Que s’était-il passé avec ce garçon?

«Son père lui avait coupé la langue et le gamin n’avait pas la moindre notion du respect de soi. Quand nous avons associé ces enfants au tournage, ils ont commencé à se rendre compte qu’ils étaient essentiels pour l film. Il était impossible de faire le film sans leur collaboration et leur enthousiasme. C’était extraordinaire de voir ces enfants prendre conscience de cela. Soudain, j’ai pu voir leur créativité et ils m’ont servi des interprétations étonnantes sur un plateau d’argent. "Et si j’essayais de faire ça comme ça..." Alors qu’ils étaient en train de sniffer de la colle en dessous du pont de l’autoroute, je leur ai demandé s’ils pouvaient chanter une chanson. Ils ont tout de suite entonné: (il chante) "Scumba, scrumba, scrumba ..." Et j’ai simplement laissé tourner les caméras. C’était très émouvant de travailler avec eux, et j’espère vraiment que cela les aura aidés. Les enfants ont été les premiers auxquels nous avons montré le film, et j’avais l’impression que cela leur apportait quelque chose. Hélas, deux des enfants sont décédés entre-temps et trois autres ont fait de la prison... Je n’ai pas pu changer fondamentalement leur vie. Nous avons travaillé ensemble, un moment, pas plus. Le Cap compte un nombre incroyable d’enfants des rues, certainement quelques centaines, et c’est étrange que dans une ville aussi riche, il n’y ait pas de volonté politique de changer les choses. Espérons que mon film pourra donner un visage humain à ces enfants.»

- Comment ont-ils réagi à la fin du tournage? Pour eux, c’était une toute nouvelle expérience qui, tout à coup, prenait fin.

«En effet, soudain ils devaient retourner dans la rue avec leurs boîtes en carton... Bon, j’exagère un peu. Nous travaillions en collaboration avec un projet de quartier, My Life, dont le but est de tirer les enfants des rues de la rue et d’essayer de les introduire dans l’industrie du cinéma. Non sans succès, d’ailleurs. Mais c’est un processus très lent et la plupart des enfants ont en effet dû retourner à leur vie peu enviable. Eh bien, ils n’ont pas trop bien réagi. L’avant-veille de la fin du tournage, les enfants ont commencé à réaliser que la fin approchait. Le dernier jour, il y en a eu beaucoup qui sont devenus destructeurs, qui cassaient des choses en les jetant par terre, donnaient des coups de pied. C’était terrible à voir.»

Chris Craps

(source:: http://www.metrotime.be/Oliver_Twist_au_Cap_.html)